Résumé

  • Let’s Encrypt représente 99,21 % d’un échantillon d’émissions de juillet, contre 84 % des observations de points de terminaison associées.
  • Ces dernières sont des combinaisons de numéro de série, d’adresse IP, de port et d’émetteur, pas des clients distincts.
  • La collecte désactive la vérification du nom et de la chaîne de confiance. Récupérer un certificat ne prouve pas qu’un client ordinaire l’accepte.

Le nombre de certificats a un avantage pour les tableaux de bord : il se compte. Le nombre de services réellement dépendants d’un émetteur exige davantage de travail. L’étude de Yevheniya Nosyk publiée le 8 septembre sur Pulse, le site d’Internet Society, permet précisément de voir cette différence.

Elle porte sur les certificats publiquement reconnus qui comportent une adresse IP. Dans un flux collecté pendant 72 heures en juillet 2026, Let’s Encrypt atteint 99,21 %. Ce résultat est un signal de concentration, non un recensement de tous les services.

Le changement se trouve dans le dénominateur

Le carnet d’analyse du déploiement dénombre 371 980 numéros de série distincts dans le flux, dont 369 031 pour Let’s Encrypt. Voilà l’origine des 99,21 %.

Pour les observations associées, l’unité devient une combinaison de quatre éléments : numéro de série, IP, port, émetteur. Le total est de 42 755 combinaisons, dont 35 915 pour Let’s Encrypt, soit 84 %. Elles concernent 37 867 adresses et 21 ports. Une adresse peut figurer plusieurs fois.

Il ne s’agit donc pas d’une chute entre deux dates. Les unités et la sélection ont changé. Le second total ne désigne ni 42 755 sites, ni autant de clients ou de certificats différents. Aucun de ces indicateurs ne mesure le chiffre d’affaires.

L’intensité des émissions mérite elle aussi d’être isolée. Le carnet consacré à 2025 associe 176 865 occurrences de certificats à seulement deux adresses. Il ne permet pas d’en déduire deux clients, ni la nature de leurs usages.

Let’s Encrypt a annoncé en janvier des certificats IP valables 160 heures. Une durée courte peut multiplier les émissions pour un service qui demeure en place. Ce mécanisme général n’explique cependant pas, à lui seul, le volume exceptionnel de ces deux adresses.

Observer sans certifier l’usage

Le programme de collecte retient des cibles à partir de certificats déjà valides et disposant de plus de 24 heures de validité restante. Il récupère les certificats par TCP sans vérifier le nom ni la chaîne de confiance. Le rapprochement utilise les numéros de série, non les empreintes complètes.

Ce choix sert la mesure ; il n’établit pas une faille. Il interdit en revanche de lire le résultat comme une preuve d’authentification réussie, d’application disponible ou d’usage payant.

Nous avons examiné le code public et ses sorties enregistrées, sans recalculer l’ensemble des données ni sonder de machines tierces. La publication rend l’activité observable. Elle ne transforme pas une observation en inventaire des dépendances.