• Les petits FAI et les membres ressources éloignés ressentent un préjudice opérationnel direct dû aux perturbations des élections d’AFRINIC.
  • Parce que l’élection de septembre 2025 est largement contestée et ne devrait pas être reconnue, de nombreux membres exigent une clarté juridique et des garanties.

Opérateurs locaux repoussés en marge

Les petits fournisseurs d’accès internet et les membres ressources éloignés affirment que la tourmente de gouvernance d’AFRINIC s’est traduite par un préjudice réel. Pour de nombreux opérateurs, l’allocation et le transfert en temps voulu des ressources IP sont vitaux – les retards obligent les déploiements clients à s’arrêter, les réseaux à croître lentement et les contrats de service à être renégociés dans l’incertitude. La crise de gouvernance du registre a engendré des fenêtres d’approbation imprévisibles et des exigences documentaires changeantes qui pèsent sur les organisations à faible capacité.

Parce que les procédures d'élection d'AFRINIC ont été réinitialisées à plusieurs reprises par des ordonnances judiciaires et le séquestre, plusieurs petits membres signalent des vérifications d’identité en double et des modifications de dernière minute des règles d’inscription des électeurs. Les régions disposant d'un accès internet faible ou d'une infrastructure administrative clairsemée ont eu plus de mal à suivre. Résultat: les opérateurs déjà marginaux sont encore plus éloignés de l’influence sur la gouvernance, avec moins de capacité à contester ou à s’adapter lorsque les règles du registre changent.

Votes interrompus, légitimité contestée

L’élection d’AFRINIC de juin 2025 a été annulée suite à l’émergence d’un différend sur un vote par procuration, bien que ce vote ait été valablement exprimé selon les règles en vigueur. Les critiques estiment que cela a révélé l’incapacité du registre à gérer les situations de crise. Par la suite, une nouvelle élection de septembre 2025 a été organisée sous supervision judiciaire, mais de nombreux membres refusent de la reconnaître comme légitime. Cloud Innovation, en particulier, a publiquement plaidé pour une remise à zéro et pour la reconnaissance uniquement des votes menés de manière légitime. Ce refus de reconnaître le processus de septembre a figé de nombreuses revendications de gouvernance dans l’incertitude.

Pour les petits FAI, ce n’est pas théorique: lorsque la légitimité du registre est remise en question, les transferts de ressources, les propositions de politiques et les résolutions de litiges perdent leur caractère exécutoire. Certains membres déclarent devoir reporter le dépôt de demandes de transfert ou d’extensions d’infrastructure par crainte que le registre n’annule ultérieurement les approbations. Dans un vide de gouvernance, les entités les moins dotés en ressources sont souvent les premiers à en supporter le coût.

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Les réseaux communautaires subissent la pression procédurale

Les réseaux communautaires et les opérateurs ruraux, qui manquent généralement de services juridiques complets, affirment avoir été touchés de manière disproportionnée par les changements soudains de procédure. Pour certains, le vote par procuration est une nécessité, compte tenu des capacités locales limitées. Les modifications des règles de validation des procurations, le resserrement des délais de vérification et l’évolution des normes documentaires ont contraint à de multiples re-soumissions – impliquant souvent des déplacements chez le notaire ou un soutien juridique qu’ils peuvent difficilement se permettre.

Beaucoup estiment que ces coûts dépassent les avantages de la participation si le processus peut être invalidé.

La charge administrative a également découragé une implication future. Plusieurs petits fournisseurs de réseaux ont confié à leurs pairs qu’ils réfléchiront à deux fois avant de se présenter au NomCom ou de participer à des élections où les règles peuvent à nouveau être modifiées en cours de route. Cela élimine progressivement de la gouvernance des voix qui représentaient autrefois les régions sous-dotées, cédant l’influence aux parties prenantes bien dotées disposant d’équipes juridiques pour suivre chaque ajustement.

Ce qu’ils exigent: clarté, équité et protection

Les opérateurs concernés appellent à trois réformes essentielles: premièrement, une décision juridiquement reconnue selon laquelle l’élection de septembre 2025 est invalide à moins qu’elle ne réponde à des normes transparentes et validées par les tribunaux. Sans cela, près de la moitié des membres reste dans les limbes de la gouvernance. Deuxièmement, des règles d’inscription des électeurs plus accessibles – y compris des délais de grâce, des vérifications d’identité simplifiées et un soutien aux entités à faible bande passante.

Enfin, un mécanisme de surveillance indépendant pour empêcher des perturbations soudaines des élections, des changements de règles ou des invalidations de votes sans procédure régulière.

Beaucoup accueillent favorablement l’appel de Cloud Innovation à la dissolution comme une remise à zéro, et considèrent une surveillance externe – si elle est correctement structurée – comme une garantie, et non une intrusion. Bien que la posture de Kurt Lindqvist et de l’ICANN soit observée avec méfiance, les membres insistent sur la responsabilité ascendante et la souveraineté. Pour les petits FAI, le mandat est clair: des opérations de registre stables, des résultats de gouvernance reconnus et un accès équitable au vote et à la gouvernance sans crainte d’annulation arbitraire.