• SolarEdge et Infineon développent des disjoncteurs électroniques pour la distribution électrique en courant continu à 800 V dans les centres de données d’IA
  • Ces travaux prolongent une collaboration de 2025 sur les transformateurs, mais les entreprises n’ont fait état d’aucun déploiement chez un client ni publié de données sur l’efficacité énergétique à l’échelle d’un site

Les faits

SolarEdge et Infineon ont annoncé le 9 septembre avoir élargi leur collaboration sur l’alimentation électrique des centres de données afin de développer des disjoncteurs électroniques pour une distribution en courant continu à 800 V. SolarEdge concevra le disjoncteur avec des composants de commutation en carbure de silicium d’Infineon.

Les entreprises prévoient de placer ce dispositif de protection entre leurs équipements de conversion de puissance et les baies informatiques. Contrairement au courant alternatif, le courant continu ne passe pas périodiquement par zéro, ce qui rend sa coupure plus difficile. Le disjoncteur électronique proposé est conçu pour déconnecter un circuit défaillant en quelques microsecondes, sans contacts mécaniques.

Ces travaux font suite à une collaboration annoncée en novembre 2025 sur des transformateurs modulaires de 2 à 5 MW, conçus pour convertir directement de l’électricité à moyenne tension en courant continu de 800 à 1 500 V. Les entreprises visent un rendement de conversion supérieur à 99 %, mais ce chiffre s’applique aux équipements de conversion et non à l’efficacité énergétique globale d’un centre de données.

L’annonce de septembre porte sur le développement de la technologie de protection. Les entreprises n’ont identifié aucun site client exploitant le système complet, ni publié de mesures des économies d’électricité à l’échelle de l’ensemble d’un site dans le cadre d’un déploiement.

L’évaluation

Pour un acheteur du secteur des centres de données, le rendement de conversion et la protection contre les défauts doivent être évalués comme des éléments d’un même système électrique. Un transformateur peut réduire les pertes pendant la conversion, mais l’architecture proposée doit aussi montrer comment les défauts sont isolés sans interrompre inutilement les équipements qui restent opérationnels. Le rendement des composants pris isolément ne suffit donc pas à comparer des architectures électriques complètes.

Les preuves pertinentes viendront d’essais montrant ce qui se passe lorsqu’un défaut survient dans une configuration réelle de distribution. La vitesse de commutation est un indicateur, mais les opérateurs devront aussi savoir quelle partie du système est déconnectée, si les branches non touchées restent alimentées et comment l’alimentation est rétablie après l’incident.

Pour les lecteurs de BTW, la prochaine étape utile serait une comparaison à l’échelle du système, sous une charge d’exploitation définie. Tester ensemble le transformateur et le disjoncteur permettrait aux acheteurs d’évaluer à la fois les pertes électriques et le comportement en cas de défaut avant de retenir les gains de rendement proposés comme hypothèse dans la conception ou les budgets d’exploitation des centres de données.

À surveiller

Il faudra surveiller la publication d’essais à l’échelle du système combinant le transformateur et le disjoncteur électronique, notamment les pertes mesurées, le comportement d’isolement des défauts et les procédures de remise en service. Un déploiement chez un client identifié apporterait des preuves plus solides en montrant comment la conception se comporte lorsqu’elle est raccordée à des équipements de centre de données en exploitation.