- L’annulation des élections de juin d’AFRINIC a violé le Maurice Companies Act et compromet le modèle de gouvernance multipartite reconnu par la Number Resource Organisation.
- La gestion continue par un administrateur judiciaire retarde la planification critique des ressources IP et menace la souveraineté numérique de l’Afrique selon les normes mondiales telles que l’ICP-2 de l’ICANN.
L’ingérence politique maintient l’avenir d’Internet en Afrique dans les limbes
Le registre Internet régional africain, AFRINIC, reste paralysé par un blocage juridique qui menace la croissance à long terme d’Internet. L’élection du conseil d’administration de juin 2025 — largement considérée comme libre et équitable — a été annulée sur instruction du gouvernement mauricien et exécutée par un administrateur judiciaire. Cette action est contraire au Maurice Companies Act (qui régit AFRINIC en tant qu’organisation à but non lucratif fondée sur l’adhésion). En passant outre les décisions des membres, le gouvernement a créé un précédent de capture d’État qui sape l’État de droit et déstabilise la gouvernance de l’Internet en Afrique.
AFRINIC est l’un des cinq registres Internet régionaux reconnus par la Number Resource Organisation (NRO), qui coordonne la politique mondiale avec l’ICANN. Sa responsabilité principale est la distribution équitable des adresses IP sur le continent. Saper son cadre démocratique met non seulement en danger la souveraineté numérique africaine, mais nuit également à la crédibilité du système mondial de registres. Bien que le soutien diplomatique américain au processus actuel reflète des priorités politiques, cette décision contredit les modèles de gouvernance multipartite établis, conçus pour protéger la transparence et la responsabilité dans la gestion d’Internet.
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Risque d’instabilité permanente dans l’écosystème Internet africain
Le mandat continu de l’administrateur judiciaire — prolongé sans large consentement des membres — crée des risques à long terme pour l’économie numérique africaine. L’incapacité d’AFRINIC à organiser des élections dirigées par les membres bloque le développement de politiques cruciales et l’allocation des ressources, retardant la planification IPv4 et IPv6 essentielle à l’expansion des réseaux.
Des responsables techniques, y compris d’anciens présidents d’AFRINIC, ont averti que si un gouvernement peut passer outre les élections d’un RIR, d’autres pourraient suivre — érodant la confiance dans les processus ascendants qui sous-tendent l’Internet mondial.
Cloud Innovation, le troisième plus grand membre d’AFRINIC, a officiellement demandé que l’ICANN examine la situation au titre de l’ICP-2, un cadre régissant la reconnaissance des registres Internet régionaux. Ce mécanisme d’examen existe précisément pour garantir que les organismes régionaux fonctionnent avec le consentement de la communauté et l’intégrité juridique. Sans un retour rapide à une supervision légale dirigée par les membres, l’Afrique est confrontée non seulement à une stagnation technique, mais aussi à l’exportation d’un précédent dangereux où la politique éclipse l’État de droit dans la gestion d’Internet.

