Résumé

  • Rezolve Ai chiffre la rémunération en actions du premier semestre à 41,502 millions de dollars dans le tableau des flux de trésorerie, mais l’ajoute pour 51,502 millions dans le rapprochement de l’EBITDA ajusté.
  • L’EBITDA ajusté publié, négatif de 32,609 millions de dollars, ne se reconstitue qu’avec le montant le plus élevé. En gardant toutes les autres lignes, 41,502 millions donneraient une perte ajustée de 42,609 millions.
  • Un second écart oppose 96,1 millions de dollars de trésorerie consommée par l’exploitation dans le tableau de synthèse à 91,956 millions dans l’état détaillé, soit 4,144 millions non expliqués.
  • Le chiffre d’affaires a pourtant atteint 130,788 millions de dollars et la marge brute 63,9 millions. L’anomalie demande une correction documentaire, pas l’effacement de la croissance ni une accusation d’intention.

Une mesure ajustée n’est utile que si son pont rejoint les comptes qu’elle prétend expliquer. Les résultats du premier semestre 2026 de Rezolve Ai mettent en avant un chiffre d’affaires de 130,788 millions de dollars, contre 6,317 millions un an plus tôt. Plus bas, la société publie un EBITDA ajusté négatif de 32,609 millions. Entre ces deux lectures, une ligne de 10 millions change de valeur.

Le texte attribue 67,5 millions de charges sans sortie de trésorerie à 41,5 millions de rémunération en actions, 20,4 millions d’amortissements et 5,6 millions de dépréciation. L’état des flux précise 41,502 millions pour les actions. Le tableau de l’EBITDA ajusté porte ce montant à 51,502 millions.

Ce n’est pas un effet d’arrondi. La différence est exactement de 10 millions de dollars.

Le résultat ajusté dépend du nombre le plus élevé

Le rapprochement part d’une perte nette de 139,478 millions. Il ajoute 9,182 millions d’intérêts, retranche un avantage fiscal de 4,491 millions et ajoute 20,433 millions d’amortissements. L’EBITDA obtenu est négatif de 114,354 millions.

Rezolve ajoute ensuite 5,419 millions de perte de change latente, 51,502 millions de rémunération en actions, 17,748 millions de coûts d’acquisition, 0,241 million lié aux instruments financiers, 1,260 million d’indemnités de départ et 5,575 millions de dépréciation. Cette série aboutit bien à moins 32,609 millions.

Si seule la rémunération en actions revient à 41,502 millions, le résultat devient moins 42,609 millions. Le calcul ne tranche pas entre les deux valeurs publiées. Il montre que l’EBITDA ajusté dépend entièrement de l’écart non documenté.

Une explication pourrait distinguer deux catégories d’attributions ou deux périmètres de dépenses. Une correction pourrait aussi remplacer une cellule. Les sources gelées ne permettent ni de choisir l’une, ni de supposer une faute intentionnelle. Elles permettent de demander un tableau qui se referme.

La trésorerie d’exploitation laisse 4,144 millions en chemin

Le même communiqué résume les sorties de trésorerie d’exploitation à 96,1 millions de dollars. L’état détaillé indique 91,956 millions pour la même période de six mois et sous le même libellé.

La valeur détaillée s’insère dans le mouvement global: moins 91,956 millions d’exploitation, moins 152,483 millions d’investissement, plus 232,513 millions de financement et plus 1,359 million d’effet de change donnent une baisse de 10,567 millions de la trésorerie combinée avec les fonds affectés. Avec 96,1 millions, il manque 4,144 millions.

Cette cohérence arithmétique n’autorise pas à réécrire le chiffre de synthèse. Elle identifie simplement la ligne qui appelle une note ou une version corrigée. Pour mesurer la durée de financement, quatre millions ne sont pas un détail de présentation.

La hausse de 1 970 % change aussi de périmètre

La croissance opérationnelle reste matérielle. Le chiffre d’affaires passe de 6,317 à 130,788 millions de dollars et le bénéfice brut d’environ 6,0 à 63,9 millions. Le coût des ventes monte toutefois de 0,276 à 66,844 millions, ramenant la marge brute de 95,2 % à 48,9 %.

Rezolve explique que le nouveau mélange comprend logiciels, services professionnels, fidélisation et plateformes. Les résultats 2025 affichaient 46,8 millions de chiffre d’affaires annuel et 66 % de marge brute GAAP. Le Form 20-F 2025 retrace aussi les acquisitions qui ont élargi le groupe.

Reward est le changement le plus direct pour la comparaison. Le Form 6-K de l’acquisition fixe la clôture au 10 février 2026 et mentionne un prix initial d’environ 230 millions de dollars en espèces, soumis à ajustements et retenues. Rezolve présentait Reward comme apportant près de 90 millions de chiffre d’affaires annuel.

Le premier semestre 2026 consolide donc Reward pendant l’essentiel de la période; celui de 2025 ne le fait pas. Cela ne prouve pas que toute la croissance est acquise. Cela signifie que le multiple de 20,7 fois mélange croissance interne, acquisitions et nouvelles activités sans pont public entre elles.

Le capital reçu n’est pas toute la liquidité disponible

En janvier, Rezolve a vendu 62,5 millions d’actions à 4 dollars. Le Form 6-K de l’offre donne 250 millions de produit brut; l’index SEC réunit les pièces de l’opération. Le tableau des flux comptabilise 232,513 millions de financement net, tandis que le nombre moyen d’actions progresse de 72,5 %.

Les acquisitions ont absorbé 224,912 millions et apporté 81,263 millions de trésorerie, soit un flux net simple de 143,649 millions pour ces deux lignes. Ce montant n’est ni le prix total des acquisitions, ni la totalité des investissements, ni la liquidité actuelle.

Au 30 juin, Rezolve réunit 100,545 millions de trésorerie et fonds affectés. Le texte sépare 33,2 millions de trésorerie disponible et 67,4 millions de trésorerie affectée. La dette à court terme atteint 124,925 millions. Les actifs courants de 200,350 millions font face à 405,584 millions de passifs courants.

Ce déficit arithmétique de 205,234 millions ne constitue pas à lui seul une crise. Il oblige à conserver les restrictions, les échéances et les possibilités de financement dans l’analyse. Les créances et produits à recevoir ont presque doublé à 78,290 millions depuis décembre, tandis que les produits constatés d’avance ont baissé de 28,7 % à 33,156 millions.

Le second semestre doit fournir environ 229,212 millions

La publication préliminaire de juillet estimait le chiffre d’affaires semestriel à 127 millions. Le résultat final supérieur constitue un élément favorable. Mais l’objectif annuel de 360 millions implique encore environ 229,212 millions au second semestre, soit 75,3 % de plus qu’au premier.

La société invoque la saisonnalité, le calendrier des déploiements, les partenaires et les licences d’infrastructure. L’annonce concernant Google décrit environ 100 téraoctets sur dix réseaux blockchain. Elle ne donne ni valeur contractuelle, ni chiffre d’affaires reconnu, ni marge, ni encaissement.

La prochaine étape utile est donc double: corriger les deux ponts historiques et relier les déploiements du second semestre aux factures, aux créances, à la marge brute et au cash disponible. Sans cette chaîne, la vitesse commerciale et la mesure ajustée restent plus difficiles à comparer qu’elles ne devraient l’être.

Sources