• Les membres d'AFRINIC mettent en garde: la suppression du vote par procuration exclut les petits opérateurs.
  • Les inquiétudes grandissent que l'interdiction des procurations compromette la représentation et la confidentialité des données.

Lorsque Smart Africa a révélé les détails des courriels de milliers de membres d'AFRINIC, cela a soulevé une série de questions, dont beaucoup restent sans réponse.

Comment a-t-elle obtenu les courriels de chaque membre d'AFRINIC ?

Où était la diligence raisonnable pour les campagnes de courriels qui aurait pu éviter la violation de la vie privée ?

Que fera-t-elle maintenant pour répondre à ces questions et éviter des événements similaires à l'avenir ?

BTW Media a interrogé des centaines de membres d'AFRINIC pour recueillir leurs avis. Nos premiers rapports montrent que Smart Africa n'a pas obtenu le consentement de la majorité de ces membres pour les inclure dans ses campagnes de courriels.

Aujourd'hui, nous rapportons les opinions de la communauté concernant la suppression du vote par procuration lors de l'élection du conseil d'administration de l'AFRINIC.

Le vote par procuration comme outil pratique

Nous avons demandé aux membres si la suppression du vote par procuration et l'exigence de participation en personne sont une bonne idée, et s'ils sont satisfaits de voter en personne ou préféreraient conserver l'option du vote par procuration. Certains membres ont déclaré soutenir la suppression du vote par procuration, notant qu'ils ont le temps et les ressources pour assister en personne. D'autres, en revanche, ont exprimé une position différente et ont décrit cette évolution comme difficile et préoccupante.

La réforme en cours de la gouvernance de l'AFRINIC a suscité de vives réactions, et plusieurs membres insistent sur le fait que le vote par procuration ne doit pas être supprimé. Pour eux, les arrangements de procuration restent une solution pratique et efficace pour participer à la prise de décision du registre.

Un membre a déclaré directement que « le vote par procuration présente une solution pratique et efficace pour assurer la représentation lorsque la participation directe n'est pas possible. » Ce point de vue reconnaît que l'AFRINIC couvre une région vaste et diversifiée, où les membres ne peuvent pas toujours se déplacer ou se connecter de manière sécurisée au même moment.

En autorisant les procurations, les petits fournisseurs d'accès Internet et opérateurs peuvent conserver une voix dans les décisions qui façonnent l'avenir de l'Internet dans la région.

À lire aussi: Smart Africa divulgue des milliers d'adresses courriel de membres d'AFRINIC

Risques d'exclusion sans procurations

D'autres membres sont allés plus loin, avertissant que la suppression des procurations risque de faire pencher le pouvoir en faveur des grands opérateurs. Comme l'a expliqué un répondant: « Non, étant donné la région et la disparité entre petits et grands FAI/ORM/FNO, etc., cela faussera les votes et l'orientation des politiques en faveur des grands opérateurs. Pour moi, c'est une approche exclusionniste.

» L'argument repose sur le déséquilibre entre les opérateurs multinationaux, qui ont les ressources pour participer directement, et les petites entreprises régionales, qui sont souvent confrontées à des contraintes de distance, de coût et de connectivité limitée.

Ce répondant a ajouté que si les procurations sont supprimées mais que le vote en ligne sécurisé est activé, le résultat pourrait être positif. Mais l'avertissement était clair: supprimer les procurations sans alternatives solides fermera la porte à une participation équitable.

À lire aussi: Rapport spécial: la liste de courriels divulguée par Smart Africa a été obtenue sans consentement

Représentation lorsque le déplacement est impossible

Certains membres ont souligné qu'exiger uniquement le vote en personne est irréaliste. Pour les petites organisations, se déplacer à travers l'Afrique ou à l'étranger pour assister aux réunions de l'AFRINIC est un fardeau financier tout simplement hors de portée. Dans cette optique, le vote par procuration devient un mécanisme qui comble le fossé entre les contraintes locales et la gouvernance mondiale.

Les réseaux africains doivent voter pour leur propre destin, et bien que le vote électronique direct soit important, la réalité est que le vote en personne « est tout simplement impraticable. » Les systèmes de procuration sont nécessaires jusqu'à ce que l'AFRINIC puisse garantir un vote en ligne robuste et sécurisé pour chaque membre.

Le vote par procuration comme protection du choix et de la vie privée

Les partisans lient également les droits de procuration à la protection du choix et de la vie privée. Le vote par procuration donne du pouvoir, il offre un choix. Sans cela, certains électeurs se retrouvent sans aucune option.

Des inquiétudes ont été soulevées concernant les propositions d'introduire des systèmes biométriques pour la vérification d'identité. La biométrie des électeurs n'est pas fiable, en indiquant le cas récent où Smart Africa a mal géré les listes de contacts sensibles des membres. Si des listes de diffusion de base peuvent être divulguées, comment peut-on faire confiance à des données biométriques hautement personnelles ?

Pour ces membres, le danger est clair. Si les droits de procuration sont supprimés, les électeurs doivent soit s'abstenir complètement, soit accepter le risque d'exposer des données privées via des systèmes non sécurisés. À leur avis, les procurations servent de protection jusqu'à ce que l'AFRINIC prouve qu'elle peut offrir un vote en ligne véritablement sécurisé.

Cela met en évidence une méfiance plus large envers l'influence extérieure et montre comment le vote par procuration est lié à des préoccupations plus larges sur qui contrôle l'avenir de l'Internet en Afrique. Pour ces membres, la suppression des droits de procuration pourrait s'aligner sur des intérêts étrangers plutôt que sur l'autonomisation locale.

Un appel à une réforme équilibrée

Les partisans des procurations partagent une préoccupation constante: les réformes qui suppriment les droits de procuration sans garantir des alternatives inclusives risquent de concentrer le pouvoir entre moins de mains. Les membres qui ne peuvent pas assister en personne, que ce soit pour des raisons financières, géographiques ou techniques, seront tout simplement marginalisés.

L'appel n'est pas au statu quo mais à une réforme qui reconnaît la diversité de l'Afrique. Les procurations, soutiennent-ils, restent un pont essentiel jusqu'à ce que des systèmes d'identité en ligne sécurisés et des structures de participation inclusives soient en place.