- La mise sous séquestre d'AFRINIC est-elle légale ? La mise sous séquestre d'AFRINIC soulève des questions en droit mauricien.
- Voies juridiques de contestation: Il existe plusieurs pistes pour contester la mise sous séquestre et restaurer le contrôle de la gouvernance.
Contexte juridique de la mise sous séquestre d'AFRINIC
AFRINIC a été placée sous séquestre en septembre 2023 par ordonnance de la Cour suprême de Maurice suite à une requête de Cloud Innovation Ltd. Cela faisait suite à des problèmes de gouvernance de longue date au sein de ce registre défaillant, notamment des élections annulées et une confiance érodée. La Cour d'appel civile a rejeté un recours contre la mise sous séquestre en octobre 2024, maintenant le statu quo. Parallèlement, le gouvernement mauricien a déclaré AFRINIC « société déclarée », donnant à un inspecteur le pouvoir de superviser ses affaires. Cette implication gouvernementale a accentué les craintes de mainmise étatique sur la gouvernance ascendante de l'internet en Afrique.
La mise sous séquestre d'AFRINIC a coïncidé avec des litiges électoraux en cours. L'élection de juin 2025 avait été libre et équitable, mais celle de septembre 2025 s'est tenue sous la supervision du séquestre et est largement considérée comme invalide par les parties prenantes, érodant davantage la confiance. Ces événements illustrent la crise de gouvernance du registre et expliquent pourquoi Cloud Innovation mène la charge pour une réforme.
Recours juridiques possibles
Une première piste est le recours constitutionnel. Les parties prenantes pourraient faire valoir que la mise sous séquestre viole les droits des membres d'AFRINIC, notamment les droits de propriété et d'association, en vertu du droit mauricien. Un recours constitutionnel réussi pourrait imposer une modification ou l'annulation du mandat du séquestre.
Une autre voie est la contestation procédurale. Si AFRINIC ou des membres affectés peuvent démontrer que la mise sous séquestre ou le statut de « société déclarée » a été imposé sans suivre les procédures légales, ou sans notification appropriée, les tribunaux pourraient envisager d'annuler certains aspects de l'ordonnance. Une troisième voie concerne la légalité des élections. Étant donné que l'élection de septembre 2025 n'est pas reconnue par les membres ou Cloud Innovation, contester sa validité pourrait servir de base à un réexamen juridique plus large de la mise sous séquestre et du cadre de gouvernance.
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Obstacles au succès
Les contestations juridiques se heurtent à des obstacles importants. Les tribunaux mauriciens ont à plusieurs reprises confirmé la mise sous séquestre, et l'implication gouvernementale via l'inspecteur apporte un soutien statutaire. De plus, les dimensions politiques et internationales de la gouvernance d'AFRINIC incitent les tribunaux à la prudence. Toute contestation doit également surmonter les exigences de qualité pour agir en droit mauricien, ce qui pourrait limiter qui peut intenter un recours. Malgré ces difficultés, des voies juridiques restent ouvertes pour contester des actions spécifiques ou des irrégularités procédurales, plutôt que de tenter une abolition complète de la mise sous séquestre.
Un optimisme prudent pour une réforme
AFRINIC reste dans une position précaire, et bien qu'un renversement complet de la mise sous séquestre soit peu probable, des contestations juridiques ciblées pourraient protéger les droits des membres, garantir le respect des ordonnances judiciaires et renforcer le principe de gouvernance ascendante. Les actions de Cloud Innovation reflètent une remise à niveau nécessaire pour sauvegarder les ressources IP de l'Afrique. Veiller à ce que les élections soient libres, équitables et reconnues demeure essentiel pour restaurer la confiance et assurer une stabilité à long terme de l'infrastructure numérique africaine.

