- O2 continue d'étendre la couverture 5G Standalone (SA) au Royaume-Uni, mais le réseau reste non monétisé sans services payants lancés.
- Les opérateurs du monde entier peinent à transformer la 5G SA en offres facturables, même si certains concurrents expérimentent le slicing et des services de niche.
Que s'est-il passé: la 5G Standalone s'étend dans l'Essex et au-delà, mais manque de monétisation
L’opérateur mobile britannique O2 a étendu son réseau 5G Standalone (SA) à davantage de localités dans l’Essex, en activant des services dans des villes comme Colchester, Chelmsford, Loughton et Billericay, couvrant une grande partie des 1,5 million d’habitants du comté. Le déploiement permet désormais à la 5G SA d’être disponible dans plus de 500 localités au Royaume-Uni.
O2 a commercialisé la technologie en promettant une « couverture mobile fiable et plus rapide et un signal plus fort dans davantage d’endroits », offrant des expériences plus fluides tant pour les consommateurs que pour les entreprises. L’opérateur souligne également sa préparation pour les technologies futures telles que le transport intelligent, la santé connectée et la fabrication avancée.
Pourtant, malgré cette expansion, O2 — comme beaucoup de ses pairs — ne facture pas les clients spécifiquement pour l’accès à la 5G SA. Le réseau amélioré est proposé dans le cadre des forfaits mobiles existants avec des appareils et cartes SIM compatibles, sans coût supplémentaire, et l’opérateur n’a lancé aucun service distinct et facturable exploitant les capacités de la 5G SA.
Ce défi est généralisé. Selon le dernier rapport Ericsson Mobility Report, alors qu’environ 90 opérateurs dans le monde ont lancé ou partiellement lancé la 5G SA, seuls 33 proposent des services commerciaux utilisant des technologies telles que le network slicing, qui pourrait générer des revenus différenciés.
Certains marchés sont plus avancés. En Allemagne, par exemple, des opérateurs commeVodafoneont introduit des tarifs de slicing 5G pour les clients professionnels, et Deutsche Telekom dispose d’une tranche de réseau dédiée aux jeux mobiles, parallèlement à des services commeNVIDIAGeForce Now, bien que la rentabilité de ces offres ne soit pas entièrement connue.
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Pourquoi c’est important
Le déploiement continu de la 5G SA au Royaume-Uni reflète la conviction de l’industrie que les architectures autonomes sous-tendront l’innovation future. Les réseaux autonomes prennent en charge des fonctionnalités telles qu’une latence plus faible, le network slicing et une fiabilité améliorée, considérées comme essentielles pour des cas d’usage allant de l’automatisation industrielle à la réalité augmentée.
Pourtant, l’expérience d’O2 met en évidence un défi de taille: les opérateurs peuvent construire une infrastructure avancée sans nécessairement la monétiser. Les analystes et les opérateurs ont remis en question le modèle économique de la 5G SA, notant que les consommateurs paient rarement plus pour un haut débit plus rapide ou plus robuste, et que les entreprises restent prudentes quant à l’investissement dans les services activés par le slicing.
Cette situation met la pression sur les plans d’investissement des opérateurs. L’expansion de la 5G SA d’O2 s’inscrit dans le cadre d’un investissement annuel plus large de 700 millions de livres sterling dans le réseau mobile par sa maison mère, Virgin Media O2, englobant l’acquisition de spectre et les travaux de densification.
D’autres opérateurs explorent des moyens d’extraire davantage de valeur de la 5G SA. En Allemagne, les tarifs de slicing et les services axés sur les jeux représentent des tentatives précoces de différenciation commerciale. Il reste toutefois incertain si ces offres généreront de nouvelles recettes significatives ou ne feront que déplacer les dépenses existantes.
L’approche d’O2 montre que le déploiement des réseaux de nouvelle génération n’est qu’une partie du défi. L’industrie doit encore démontrer des cas d’usage tangibles et monétisables qui justifient les investissements et apportent une valeur claire aux clients sur les marchés industriels, d’entreprise ou de consommation.

