Résumé
- Maroc Telecom réalise 19,009 milliards de dirhams de chiffre d’affaires au premier semestre, en hausse de 5,4 %.
- L’activité au Maroc progresse de 2,2 %, tandis que Moov Africa gagne 7,5 %.
- L’EBITDA atteint 9,543 milliards de dirhams, soit une progression de 5,1 %.
- Le résultat net part du groupe recule de 39,7 % à 2,48 milliards, la base 2025 ayant bénéficié d’un produit exceptionnel lié à Wana.
- Hors cet effet, le résultat net ajusté augmente de 8,1 %; le CFFO croît de 3,9 % à 4,605 milliards et les objectifs annuels sont maintenus.
Maroc Telecom n’est plus lisible comme une seule courbe nationale. Au premier semestre, les activités marocaines ont accru leurs revenus de 2,2 %, alors que Moov Africa avançait de 7,5 %. L’écart ne mesure pas le nombre d’abonnés; il mesure la progression du chiffre d’affaires dans deux ensembles de marchés.
Cette différence fait des filiales africaines le moteur de croissance le plus rapide de la période. Elle donne aussi au groupe une équation plus complexe: une demande répartie sur plusieurs pays peut diversifier les recettes, tout en multipliant les monnaies, les régulateurs, les réseaux à financer et les intensités concurrentielles.
Le Maroc reste le socle pendant que les filiales accélèrent
Une hausse de 2,2 % au Maroc n’est pas une stagnation. Le marché domestique abrite les actifs fixes, la fibre et une grande partie de l’organisation du groupe. La demande de données mobiles et de fibre contribue à compenser l’affaiblissement des activités vocales plus mûres.
Moov Africa apporte une pente plus forte. Le taux de 7,5 % ne permet toutefois pas de conclure que chaque filiale, chaque devise ou chaque produit a progressé autant. Il ne dit pas non plus que les abonnés ont augmenté de 7,5 %. Pour comprendre la durabilité, il faudra observer les contributions par pays, les effets de change et les investissements nécessaires à la capacité de données.
Le chiffre d’affaires consolidé atteint ainsi 19,009 milliards de dirhams, en hausse de 5,4 %. Le portefeuille a produit une croissance supérieure à celle du marché marocain pris isolément.
La hausse des données doit traverser le compte de résultat
L’EBITDA gagne 5,1 % et atteint 9,543 milliards de dirhams. Sa progression proche de celle des revenus indique que l’expansion n’a pas été entièrement absorbée avant cet étage du résultat.
Il serait excessif d’en déduire une rentabilité identique dans toutes les régions. L’EBITDA consolidé agrège des activités aux prix, taxes, coûts de réseau et maturités différents. Il n’est pas non plus le bénéfice net.
La donnée crée simultanément revenu et besoin d’investissement. Plus de trafic mobile et davantage de clients fibre exigent spectre, radio, transport, cœur de réseau et raccordements. La qualité du modèle se vérifie lorsque la croissance finance ces besoins sans dégrader durablement la génération de trésorerie.
Le recul du bénéfice vient d’abord d’une base exceptionnelle
Le résultat net part du groupe publié tombe à 2,48 milliards de dirhams, soit 39,7 % de moins. Pris seul, le pourcentage raconterait une chute opérationnelle. Or le premier semestre 2025 comprenait un produit exceptionnel lié à Wana, qui élève artificiellement la base de comparaison.
Maroc Telecom indique qu’en excluant cet effet, le résultat net ajusté progresse de 8,1 %. Le chiffre ajusté n’annule pas le résultat publié: l’un montre le résultat comptable revenant au groupe, l’autre cherche à isoler le mouvement récurrent.
L’erreur serait soit de dire que l’activité courante a perdu 39,7 % de son bénéfice, soit d’effacer complètement la baisse publiée. Les deux mesures doivent rester côte à côte, avec leur définition.
La trésorerie relie les marchés au financement des réseaux
Le flux de trésorerie des activités opérationnelles, ou CFFO, s’établit à 4,605 milliards de dirhams, en hausse de 3,9 %. Il progresse moins vite que le chiffre d’affaires et l’EBITDA, mais dans la même direction.
Le CFFO n’est pas un flux de trésorerie disponible après tous les investissements. Il confirme cependant que la croissance des résultats opérationnels s’est accompagnée de davantage de liquidités issues de l’activité au cours du semestre.
Maroc Telecom maintient ses objectifs annuels. Pour que cette confiance soit confirmée, Moov Africa devra préserver sa croissance sans affaiblir la conversion en trésorerie, tandis que le Maroc devra soutenir la fibre et la donnée face au recul de la voix. Le portefeuille apporte une accélération; il exige aussi de montrer où le capital produit le meilleur rendement.

