- La Cour suprême de Maurice a jugé que le Comité de nomination de l'AFRINIC est valide et que l'élection peut se dérouler selon les protocoles actuels.
- Les préoccupations concernant la conformité avec la loi sur les sociétés de 2001 restent débattues, mais le tribunal a maintenu la structure du processus électoral.
Ce qui s'est passé: Première élection du conseil d'administration depuis la tentative de redressement
Après des années de paralysie organisationnelle, le Centre d'information du réseau africain (AFRINIC) organise enfin son élection du conseil d'administration, la première depuis 2022. Le processus de vote, qui comprend des composantes électroniques et en personne, a débuté le 18 juin 2025, la session en personne ayant eu lieu le 23 juin.
Cette élection fait suite à une longue période d'instabilité, durant laquelle l'AFRINIC a été placée sous administration judiciaire et a vu ses principales activités de gouvernance suspendues. Dans le cadre de l'effort de redressement, la Cour suprême de Maurice a nommé un nouvel administrateur qui a constitué un Comité de nomination en collaboration avec des conseillers juridiques externes. Ce comité a produit une liste équilibrée de candidats pour briguer les sièges régionaux et non régionaux du conseil.
L'ICANN et la TISPA contestent le processus, la cour repousse
Alors que l'élection semblait marquer un nouveau départ, une vague de contestations juridiques début juin a temporairement suspendu les procédures. L'Association des fournisseurs de services Internet de Tanzanie (TISPA) a déposé une demande d'injonction, invoquant des préoccupations concernant les droits de vote des membres ayant adhéré après une date limite spécifique. Cette demande a reçu le soutien de la Société pour l'attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet (ICANN), qui a publié une déclaration appelant à plus de transparence et d'équité dans le processus électoral.
Cependant, le 19 juin 2025, la Cour suprême de Maurice (division commerciale) a rejeté ces objections, déclarant que le Comité de nomination avait été valablement constitué. Le tribunal a estimé que l'ICANN n'avait pas qualité pour demander une réorganisation du processus électoral de l'AFRINIC et a critiqué le moment et le contenu de son intervention.
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L'élection entière suspendue pour un seul bulletin contesté
Mais alors que des progrès étaient réalisés, l'élection a de nouveau été suspendue, cette fois en raison d'un litige sur un seul vote. Le vote électronique a commencé le 18 juin et des centaines de membres de l'AFRINIC ont voté. Mais peu après, une objection procédurale a été soulevée concernant un vote, impliquant apparemment un différend sur les identifiants de vote. En conséquence, l'administrateur nommé par le tribunal mauricien a décidé de suspendre entièrement l'élection, une nouvelle date provisoire étant fixée à septembre 2025.
Cet arrêt brutal a provoqué frustration et confusion parmi les membres de l'AFRINIC, dont beaucoup avaient déjà voté. La décision annule de fait tous les votes précédemment soumis, malgré l'absence de preuve de fraude systémique ou d'irrégularités généralisées.
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Pourquoi c'est important: la proportionnalité juridique et les droits des membres remis en question
Cette décision soulève des questions cruciales sur la proportionnalité, la transparence et la conformité avec la loi sur les sociétés de 2001, qui régit l'AFRINIC. Bien que la loi exige des élections justes et précises, elle ne stipule pas qu'un seul bulletin contesté justifie l'invalidation de l'ensemble du processus.
L'article 117 de la loi régit les assemblées d'actionnaires et le vote, en soulignant la nécessité d'une autorisation appropriée et d'une identité vérifiable. Cependant, des observateurs juridiques soutiennent que l'examen d'un seul vote ne devrait pas justifier l'annulation de tous les votes légitimes déjà exprimés, surtout lorsque ces votes ont été soumis de bonne foi dans le cadre de procédures approuvées par le tribunal.
En effet, cela soulève une question plus large: est-il légal de suspendre une élection d'entreprise sur la seule base d'un bulletin contesté ? Et si oui, dans quelles conditions ?
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L'action de l'administrateur considérée comme sapant le processus approuvé par le tribunal
La Cour suprême de Maurice avait précédemment affirmé la validité du Comité de nomination de l'AFRINIC et autorisé l'organisation à procéder à son élection. Le tribunal a reconnu que les procédures de l'AFRINIC, y compris son modèle de vote hybride, étaient conformes aux normes juridiques et a rejeté les appels de l'ICANN et de la TISPA à dissoudre le processus. Aujourd'hui, le retard actuel semble contredire l'esprit de cette décision.
De plus, l'annulation des votes déjà exprimés sape la confiance des membres, perturbe la stabilité organisationnelle et crée un précédent dangereux: une seule objection peut faire dérailler un processus impliquant des centaines de parties prenantes.
Les retards continus risquent d'aggraver les dommages à la gouvernance de l'internet en Afrique
L'AFRINIC joue un rôle vital dans la gestion des ressources de numérotation Internet sur le continent. Ses décisions de gouvernance ont un impact sur le développement des infrastructures, la coordination de la cybersécurité et l'avenir de la politique Internet en Afrique. Le retard actuel n'affecte pas seulement la politique interne, il maintient l'écosystème Internet africain dans un état d'incertitude continue.
Des leaders communautaires et des organisations comme ZANOG et ISPA ont déjà exprimé leur soutien à un processus électoral rapide et légal. Beaucoup affirment que retarder encore une fois l'élection, cette fois sans justification juridique claire, risque d'éroder davantage la légitimité de la structure de direction de l'AFRINIC.
Si l'AFRINIC veut aller de l'avant, elle doit le faire avec clarté, proportionnalité et équité. Défendre les principes juridiques ne signifie pas surcorriger. Un seul vote doit faire l'objet d'une enquête, mais pas au détriment de la démocratie.

