Résumé

  • Le chiffre d’affaires du premier semestre atteint 64,6 millions de livres, contre 45,3 millions un an plus tôt ; l’EBITDA ajusté passe d’une perte de 0,4 million à un gain de 6 millions.
  • Les 1,2 million de livres mis en avant comme trésorerie générée par l’exploitation sont calculés avant intérêts et impôts. Après ces paiements, les activités opérationnelles ont consommé 6,435 millions.
  • L’encaisse de 41,6 millions à fin juin doit surtout au financement conclu en mai. Elle comprend 3,655 millions de trésorerie soumise à restrictions.
  • IQE a signé avec Tower un accord d’approvisionnement en plaquettes InP comportant des minima d’achat, mais la conversion d’outils existants pour augmenter la capacité reste prévue au second semestre.

Dans les résultats publiés le 7 septembre, deux progrès sont indiscutables. Les ventes ont augmenté de 43 % et l’usine a produit davantage de marge ajustée. L’encaisse de clôture est passée de 15,7 millions de livres fin 2025 à 41,6 millions fin juin. Ces données n’expliquent cependant pas à elles seules si la croissance finance désormais sa propre expansion.

La ligne photonique a réalisé 38,5 millions de livres de ventes, contre 26,6 millions auparavant ; la ligne sans fil, 26 millions contre 18,6 millions. IQE attribue la progression photonique à la fois au déblocage de financements de certains programmes américains de défense et aux marchés de l’IA et des centres de données. Aucun montant distinct n’est publié pour l’InP ou pour les clients de l’IA. Transformer toute la hausse photonique en revenus de liaisons optiques pour centres de calcul serait donc une attribution sans preuve.

Le résultat, le cash avant intérêts et le cash après intérêts

Le résumé du groupe mentionne 1,2 million de livres de flux opérationnel déclaré, contre 3,6 millions au premier semestre 2025. Le tableau complet des flux précise ce que mesure ce chiffre : 1,195 million de trésorerie générée par l’exploitation avant intérêts et impôts. La mesure ajustée correspondante est de 4,680 millions, elle aussi inférieure aux 6,190 millions de l’année précédente. L’amélioration de l’EBITDA ne s’est donc pas transmise mécaniquement à cette première couche de cash.

Puis viennent 7,791 millions d’intérêts payés, 0,211 million d’intérêts reçus et 0,050 million d’impôts. Le flux net des activités opérationnelles devient une sortie de 6,435 millions, alors qu’il s’agissait d’une entrée de 1,204 million un an plus tôt. Parler d’une génération nette positive de cash opérationnel au seul motif que le communiqué affiche 1,2 million effacerait cette différence essentielle. Le résultat avant impôt reste, pour sa part, une perte de 12,6 millions, moins lourde que les 18,3 millions précédents.

Le besoin en fonds de roulement explique une autre partie de l’écart. Les stocks ont absorbé 2,285 millions de livres et les créances 5,133 millions ; une hausse de 3,658 millions des dettes fournisseurs a compensé une partie de ces sorties. La diminution des provisions représente 0,267 million supplémentaire. IQE résume l’effet net à environ 4 millions. Les comptes ne disent pas quelle part des stocks ou des créances relève précisément de l’InP. La hausse des ventes peut précéder les encaissements, sans que ce décalage soit à lui seul un signe de défaillance du client.

Ce que le financement a réellement acheté

La levée de fonds achevée en mai a réduit la pression de liquidité. Son montant annoncé de 81 millions de livres ne désigne pas 81 millions de trésorerie libre nouvelle : les modalités d’avril comprennent environ 23 millions réinvestis par les porteurs d’anciennes obligations convertibles après remboursement. Le tableau des flux montre 66,8 millions d’actions émises et 15 millions de nouvelles obligations, en regard de 26,1 millions de dette bancaire et 17,8 millions d’anciennes obligations remboursées. Le financement apporte au total 34,4 millions nets au semestre.

Le groupe indique 30,2 millions de « trésorerie nette ajustée », une définition qui exclut les engagements locatifs. En les réintégrant, la note sur l’endettement fait apparaître 12,3 millions de dette nette. La dette bancaire est remboursée ; cela ne signifie ni absence de toute obligation financière, ni disponibilité intégrale des 41,6 millions de liquidités. Le financement a fourni une marge de manœuvre pour exécuter une stratégie industrielle, pas encore une preuve de rentabilité en trésorerie de cette stratégie.

La demande est observable, la capacité supplémentaire ne l’est pas encore

L’accord signé avec Tower Semiconductor prévoit des achats minimums la première année, un engagement symétrique de fourniture par IQE et des volumes minimums ensuite. Les prix, les quantités livrées et les sommes encaissées ne sont pas divulgués. IQE a aussi annoncé une commande pluriannuelle de 14 millions de dollars destinée à des applications de stockage de données : le communiqué cite l’optique InP comme une autre compétence, mais ne présente pas cette commande comme des ventes d’InP pour interconnexions.

Au second semestre, IQE entend convertir des équipements existants pour accroître sa capacité InP. L’annonce ne fournit ni calendrier d’achèvement, ni rendement stabilisé, ni volume accepté par les clients. Un autre accord, signé en septembre avec Quintessent, concerne des plaquettes GaAs pour des lasers à points quantiques au stade de l’échantillonnage. Ce n’est pas non plus la preuve que la nouvelle capacité InP produit déjà à plein régime.

Ainsi, le semestre confirme une activité plus vigoureuse et un bilan mieux financé. La question suivante porte sur la transformation des engagements commerciaux en plaquettes qualifiées, factures payées et flux nets durables. Les comptes présentent cette chaîne comme une possibilité crédible, non comme un résultat déjà acquis.

Sources

Résultats semestriels d’IQE · Tableau détaillé des flux · Financement achevé · Accord Tower · Commande de juillet