- La résilience urbaine repose sur des approches équilibrées – combinant technologie, solutions fondées sur la nature et équité pour répondre à l’urbanisation rapide, au changement climatique et au bien-être des communautés.
- Les startups doivent être centrées sur le client – en partenariat avec les villes pour résoudre de vrais problèmes et en se concentrant sur l’adoption et la durabilité plutôt que sur la seule technologie.
Lors de Connected North 2025,Paul Wilson, président du conseil consultatif deSmartCitiesWorldet animateur du podcastUrban Exchange, a partagé ses réflexions sur l’avenir de la résilience urbaine, de la durabilité et du rôle de la technologie. Avec plus d’un million et demi de lecteurs dans le monde, SmartCitiesWorld est devenue une plateforme de référence pour explorer l’innovation urbaine. Dans cet entretien, Wilson a abordé les défis de l’urbanisation rapide, l’importance des solutions fondées sur la nature et des conseils pratiques pour les startups qui façonnent l’espace des villes intelligentes.
Q1:En tant que président du conseil consultatif de SmartCitiesWorld et animateur du podcast Urban Exchange, vous avez largement discuté de la résilience urbaine. Comment voyez-vous la résilience urbaine évoluer au cours de la prochaine décennie, et quel rôle la technologie et l’innovation joueront-elles pour façonner cet avenir?
A1:Les villes sont au cœur de la résilience en raison de l’urbanisation rapide. À ma naissance, environ trois milliards et demi de personnes vivaient sur la planète; aujourd’hui, on en compte plus de huit milliards, et d’ici la fin du siècle, ce chiffre atteindra dix milliards. La moitié de l’humanité a commencé à vivre dans les villes vers 2012, et cette proportion passera aux trois quarts lorsque la population atteindra dix milliards. Chaque semaine, un million de personnes supplémentaires vivent dans les villes. Les villes génèrent quatre-vingts pour cent de l’économie mondiale et quatre-vingts pour cent des gaz à effet de serre, tout en ne couvrant que trois pour cent de la surface terrestre. La gestion des villes est l’outil politique le plus important pour lutter contre le changement climatique.
La compréhension de l’importance des villes a grandi au cours de la dernière décennie, et ce siècle est souvent décrit comme le siècle des villes, où la gestion urbaine est cruciale tant pour l’humanité que pour la nature.
Q2:Dans votre podcast, vous avez abordé des sujets tels que la résilience de l’eau alimentée par l’IA et la résilience à la chaleur urbaine. Pourriez-vous nous parler de certains services technologiques que vous avez vus ou sur lesquels vous avez travaillé et qui répondent à ces problèmes critiques de la planification urbaine?
A2:Il y a une dizaine d’années, les « villes intelligentes » sont devenues un sujet majeur, portées par l’engouement pour les smartphones et la numérisation des systèmes urbains. Plus tard, un retour de bâton est apparu contre l’idée que de grandes entreprises technologiques gèrent les villes, avec un recentrage vers des villes pour les personnes, les communautés et la nature. La COVID-19 a accéléré le télétravail et remodelé la vie urbaine, tandis que les impacts climatiques comme les incendies, les inondations et les vagues de chaleur se sont accrus. Aujourd’hui, la résilience exige une approche nuancée. Si l’IA a du potentiel, elle consomme d’énormes quantités d’énergie et d’eau. Les solutions fondées sur la nature, comme les arbres et les espaces verts, sont tout aussi essentielles pour la gestion de l’eau, l’adaptation au climat et la santé mentale. La réflexion actuelle est plus équilibrée, combinant technologie, nature et équité pour bénéficier à tous les citadins, et pas seulement aux plus riches ou aux férus de technologie.
Q3:L’intersection du climat, de la santé et de l’équité est une question urgente pour les solutions urbaines. D’après votre expérience, comment les villes peuvent-elles concilier les avancées technologiques et l’équité sociale pour garantir que tous les résidents profitent des initiatives de villes intelligentes?
A3:Un exemple est celui des innovations qui aident les personnes âgées à vivre de manière autonome, comme les applications domotiques qui surveillent les appareils électroménagers, fournissent des connexions de santé et offrent des fonctions de sécurité. Un autre exemple se trouve en Pologne, où des moules sont utilisées pour surveiller la qualité de l’eau; des capteurs sur leurs coquilles aident à identifier la pollution, créant ainsi un partenariat naturel pour la gestion de l’eau. Ces solutions illustrent comment la technologie et la nature peuvent se combiner pour soutenir l’équité, la résilience et le bien-être dans les villes.
Q4:Compte tenu de votre rôle de conseil auprès de projets de transformation numérique et de startups, quels conseils donneriez-vous aux entreprises émergentes qui cherchent à avoir un impact dans le domaine des villes intelligentes, en particulier celles qui se concentrent sur la durabilité et la résilience?
A4:Les entreprises doivent être centrées sur le client, et non sur le produit. De nombreux produits sont créés sans résoudre de vrais problèmes. Il est essentiel de s’associer avec des villes ou des organisations telles que des universités, des hôpitaux ou des aéroports pour identifier les besoins réels et développer des solutions durables et génératrices de revenus. L’adoption et l’utilisation pratique comptent plus que la complexité technique.
Q5:Avez-vous d’autres conseils ou idées à nous partager?
Le monde change, et les jeunes générations sont désireuses de s’engager dans ce changement.
A5:Les entreprises plus petites, axées sur une mission, sont la clé de l’innovation, tandis que les grandes entreprises qui adaptent d’anciennes approches sont moins efficaces. Les villes peuvent jouer un rôle important en adoptant des méthodes d’approvisionnement innovantes, en travaillant avec de plus petites entreprises de leurs communautés et en soutenant une croissance qui évolue au fil du temps.

