Résumé

  • DOCOMO et NTT DOCOMO BUSINESS ont conclu avec Starlink un accord pour Starlink Mobile V2, avec la voix, l’internet plus rapide et l’IoT prévus au cours de l’exercice 2028.
  • Les conditions de chaque fonction ne sont pas encore arrêtées ; aucune règle de capacité, de qualité vocale, de priorité ou de service aux entreprises n’est publiée.

L’accord ouvre une trajectoire crédible, mais il ne constitue pas encore une offre. Aujourd’hui, docomo Starlink Direct fournit surtout la messagerie et certaines données applicatives sur des téléphones compatibles, en extérieur, hors couverture terrestre et Wi-Fi. Les appels vocaux ordinaires ne sont pas disponibles. Passer à la voix transforme donc la promesse : un message peut arriver en différé ; une conversation exige une continuité perceptible à chaque seconde.

La première définition attendue concerne l’établissement de l’appel. DOCOMO devrait publier le taux de réussite, le temps médian et les cas les plus lents, la qualité audio, les coupures et la durée supportée. Le passage d’une cellule terrestre au satellite, puis le retour vers le réseau mobile, doit être décrit et testé. Une fonction intitulée « voix » n’est pas encore un service téléphonique comparable.

La priorité devient décisive lorsque la capacité est partagée. En situation ordinaire, plusieurs appels, sessions de navigation et capteurs peuvent se disputer la même ressource. Pendant une catastrophe, les communications des secours ou des autorités peuvent devoir passer avant le trafic courant. Il faut savoir qui décide, quel trafic est préempté, ce que voit l’utilisateur et pendant combien de temps la restriction demeure.

L’annonce actuelle ne donne ni capacité par zone, ni distribution de débit, ni latence, ni modèle de simultanéité. Elle prévoit aussi la navigation rapide, mais « rapide » reste un objectif sans seuil. Des essais devraient montrer les résultats à faible charge et sous saturation, avec la médiane et les valeurs de queue. Une démonstration isolée dans de bonnes conditions ne suffit pas à décrire un service national.

L’IoT introduit une autre forme de continuité. Un capteur en montagne, sur une île ou en mer peut envoyer peu de données, mais devoir fonctionner longtemps sans intervention. Sa certification doit couvrir l’énergie, l’antenne, l’authentification, les mises à jour, l’intégrité des mesures et la reprise après une absence prolongée de satellite. La livraison tardive d’une mesure ordinaire et celle d’une alarme critique ne peuvent pas partager la même promesse.

NTT DOCOMO BUSINESS doit commercialiser l’offre destinée aux entreprises. Cela suppose une définition de disponibilité, une notification d’incident, un objectif de rétablissement, une assistance et une répartition claire des responsabilités avec DOCOMO et Starlink. Sans cette chaîne, une panne de capteur ou d’appel risque de circuler entre le terminal, l’opérateur et le fournisseur spatial sans propriétaire opérationnel.

L’exercice 2028 devrait être présenté comme une suite de jalons : autorisations, certification des appareils, intégration au cœur mobile, essais de charge, test de priorité, conditions commerciales et lancement par fonction. La voix, la navigation et l’IoT peuvent ne pas être prêts le même jour. Publier ces jalons permettrait de distinguer un retard de certification d’un manque de capacité ou d’une difficulté contractuelle.

Le chiffre de 6,5 millions de personnes connectées au service actuel à fin juillet montre que DOCOMO sait distribuer une fonction satellitaire. Il ne valide pas les performances de V2. Le prochain progrès sera de publier une enveloppe de service : ce qui est tenté, ce qui doit aboutir, la manière dont la priorité fonctionne et les conditions dans lesquelles le client doit revenir à une autre solution.

Sources