• Les tribunaux et le droit des sociétés mauricien jouent désormais un rôle déterminant dans le processus électoral du conseil d’administration de l’AFRINIC, mais les récentes élections — y compris le vote de septembre 2025 — ont été annulées ou reportées, ce qui soulève des doutes quant à la légitimité d’une éventuelle élection dans les conditions actuelles. Voir aussi: Le conseil d'AFRINIC confronté à un test de légitimité.
• Des parties prenantes telles que Cloud Innovation Ltd. soutiennent que les écarts de procédure (comme l’interdiction des procurations ou des mandats, le vote exclusivement en ligne, ou les prolongations accordées sans consentement) violent à la fois les statuts de l’AFRINIC et le droit des sociétés mauricien, ce qui les pousse à recommander la dissolution de l’AFRINIC, selon qu’une alternative fiable peut être mise en place. Voir aussi: Conseil d'administration d'AfriNIC: les huit qui gouvernent l'internet africain.
Contrôle juridique et mise sous séquestre
Les tribunaux mauriciens ont nommé en 2024 un séquestre officiel pour superviser la gouvernance de l’AFRINIC en raison de sa paralysie prolongée et de ses litiges juridiques. Le séquestre est chargé d’organiser les élections du conseil d’administration sous la supervision du système judiciaire. En vertu de la loi mauricienne sur les sociétés de 2001, un séquestre nommé par le tribunal remplace temporairement les pouvoirs du conseil et doit agir comme un mandataire de justice, son mandat incluant le respect de la loi et des statuts mêmes de l’AFRINIC.
Cloud Innovation Ltd., le troisième plus grand membre de l’AFRINIC, a souligné à plusieurs reprises que les changements apportés par le séquestre (comme la prolongation de la date limite des élections au 30 septembre 2025 et la modification des procédures de vote) ont été effectués sans son consentement, et sans doute sans justification juridique au regard de la loi sur les sociétés ou de la constitution de l’AFRINIC. Voir aussi: IPv4 vs IPv6: pourquoi les blocs IPv4 rares restent premium.
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Irrégularités électorales et annulation du vote de septembre 2025
L’élection la plus récente du conseil d’administration, prévue pour septembre 2025, fait suite à des tentatives antérieures (notamment en juin 2025) qui ont été annulées. En juin, un seul vote par procuration contesté a conduit à l’annulation de toute une élection; les opposants affirment que ce seuil est inapplicable et prive en fait de nombreux membres de leur droit de vote. Voir aussi: Kayemba Laurent Ntumba est une voix des opérateurs de la RDC au sein du conseil d'administration reconstitué de l'AFRINIC.
Les observateurs ont soulevé des inquiétudes concernant: Voir aussi: Emmanuel Adewale Adedokun se trouve désormais au point névralgique de la gouvernance d'AFRINIC.
• La question de savoir si l’interdiction des procurations et des mandats viole les droits des membres en vertu des statuts de l’AFRINIC. Voir aussi: Meilleures places de marché IPv4 pour les FAI à explorer.
• La question de savoir si les options de vote exclusivement en ligne, sans alternative de vote physique, désavantagent certains membres et violent les normes juridiques ou de gouvernance attendues par les tribunaux mauriciens.
Ces irrégularités alimentent les craintes plus larges selon lesquelles la crise de gouvernance de l’AFRINIC est systémique, et que l’élection de septembre — même si elle a lieu — ne résoudra probablement pas les problèmes à moins que le processus ne soit manifestement légal et transparent.
Normes politiques et constitutionnelles à Maurice
Le système politique mauricien se caractérise par une démocratie parlementaire mature, assortie de protections juridiques pour les actionnaires et les entreprises. En vertu de la loi sur les sociétés de 2001, les actionnaires qui s’estiment injustement lésés par la direction (ou par des défaillances structurelles de gouvernance) ont la possibilité de saisir les tribunaux.
L’État a également invoqué ses pouvoirs législatifs: par exemple, l’AFRINIC a été déclarée « société déclarée » (Declared Company) en vertu de la loi mauricienne sur les sociétés à la mi-2025, ce qui permet un contrôle gouvernemental plus strict et une intervention réglementaire.
De plus, l’ICANN, qui reconnaît l’AFRINIC comme le registre Internet régional pour l’Afrique, a formellement indiqué que les irrégularités électorales « soulèvent de sérieuses questions » quant à la légitimité de l’AFRINIC et a averti que le non-respect des normes (par exemple, les critères ICP-2 pour la reconnaissance des RIR) pourrait entraîner une intervention supplémentaire.
La dissolution est-elle inévitable — ou évitable ?
Compte tenu de l’accumulation des échecs juridiques, procéduraux et institutionnels, des parties prenantes comme Cloud Innovation soutiennent que l’AFRINIC est un registre défaillant dont la gouvernance est irrémédiablement brisée. Ils affirment que même la réorganisation d’élections dans le cadre actuel entraînera des litiges récurrents: les seuils d’invalidation (par exemple, une seule procuration) sont si bas que la légitimité reste menacée.
Cependant, quelques contre-arguments à prendre en compte:
• Le rôle du cadre juridique et de la jurisprudence mauricienne signifie que la dissolution est une mesure grave et impliquerait probablement une liquidation complexe en vertu de la loi sur les sociétés. Il faudrait concilier la continuité du service, les droits des membres et la protection de la gestion des ressources IP de l’Afrique.
• Des élections réformées pourraient encore réussir si les changements de procédure (procurations, mandats, modes de vote, etc.) sont clairement alignés sur les statuts et le droit des sociétés, et supervisées de manière ouverte et inclusive.






