- Les arrangements juridiques d'AFRINIC avec C&A Law révèlent d'importantes faiblesses de gouvernance, notamment des contrats à tarif fixe, des dépenses illimitées et une représentation douteuse par des personnes précédemment jugées sans qualité pour agir.
- Les conflits d'intérêts au sein du registre des sociétés mauricien et les fragilités structurelles des procédures électorales jettent le doute sur l'intégrité des processus de gouvernance d'AFRINIC en 2025.
Honoraires juridiques gonflés et lacunes de surveillance structurelle
Une lettre de mission datée dans une fuite montre qu'AFRINIC a engagé C&A Law à un taux fixe de 1 000 USD par heure pour tous les services juridiques. L'accord autorisait des débours illimités pour les voyages, les communications, la photocopie et autres dépenses personnelles, sans plafond ni mécanisme de contrôle.
Un tel arrangement, en particulier pour un registre internet régional à but non lucratif, constitue une grave lacune en matière de gouvernance financière. Bien que le taux puisse être justifié pour des conseils internationaux de premier ordre, l'appliquer uniformément à tous les travaux juridiques – y compris les tâches effectuées par des collaborateurs juniors ou des commis – garantit en fait une facturation gonflée. Sur plusieurs années, les dépenses juridiques dans le cadre de ce contrat auraient atteint environ 10 millions de dollars.
D'un point de vue critique, l'accord démontre comment les contrôles internes d'AFRINIC n'ont pas réussi à atténuer même les risques financiers les plus simples. Les organisations de portée similaire mettent généralement en place des structures de facturation échelonnées, des limites de dépenses et des audits réguliers pour protéger les fonds communautaires. Qu'AFRINIC ne l'ait pas fait indique des faiblesses systémiques dans les mécanismes de surveillance.
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Représentation douteuse et rôles d'intermédiaire
La lettre de mission stipule une collaboration avec Anwar Moollan, avocat principal, du cabinet de Sir Hamid Moollan QC, tandis que C&A Law, dirigé par Goinsamy Chinien – un ancien avocat condamné en 1987 pour complot d'exportation de devises – agissait en tant qu'intermédiaire.
Le cabinet de Moollan n'était pas reconnu pour représenter AFRINIC de manière indépendante, ce qui soulève la question de savoir si le montage intermédiaire était légalement nécessaire ou servait simplement à augmenter les coûts. Une perspective critique soutient que de telles structures peuvent occulter les responsabilités et amplifier les conflits d'intérêts, en particulier dans les contextes où les agences de surveillance sont mal financées ou influencées politiquement.
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Conflits d'intérêts au registre et questions de qualité pour agir
Le registraire des sociétés de Maurice, Prabha Divanandum Chinien, est marié à Goinsamy Chinien. Ce chevauchement introduit un conflit d'intérêts évident: des personnes précédemment déclarées par les tribunaux, dont Benjamin Eshun et Anwar Moollan, n'avaient pas l'autorité légale pour représenter AFRINIC mais restaient pourtant inscrites comme administrateurs au registre officiel.
Ce conflit d'intérêts affaiblit la confiance dans le registre et dans l'intégrité globale de l'élection. Des élections menées avec une liste d'administrateurs défectueuse ou obsolète peuvent priver les membres de leurs droits ou les induire en erreur, et il incombe aux contrôles institutionnels de détecter de telles défaillances. Il convient de rappeler que ces faiblesses systémiques dans la gouvernance des entreprises sont précisément ce que trouvent le plus troublant les personnes qui observent/testent des organisations telles qu'AFRINIC dont la légitimité repose sur la garde transparente et vérifiable des ressources internet.
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Implications pour la gouvernance et les élections d'AFRINIC
La confluence de coûts juridiques élevés, de représentation intermédiaire et de conflits d'intérêts indique plus qu'une simple mauvaise gestion. Cela reflète une fragilité systémique: les élections du conseil, le vote par procuration et la supervision du NomCom sont vulnérables à la manipulation ou à des biais involontaires.
Les commentaires critiques soulignent que ces lacunes de gouvernance risquent d'éroder la mission fondamentale d'AFRINIC. Lorsque les ressources destinées à l'administration du réseau et au développement numérique africain sont détournées par des contrats douteux, la confiance des membres et la légitimité institutionnelle en souffrent. De plus, le fait de ne pas rectifier les inexactitudes du registre à temps pour les élections peut aboutir à la désignation de dirigeants sans autorité légale, affaiblissant l'intégrité procédurale.
Leçons systémiques plus larges
Le cas d'AFRINIC montre pourquoi des freins et contrepoids solides sont nécessaires au sein des registres internet régionaux. Les organisations ont besoin d'un mélange de contrôles financiers transparents, de mécanismes impartiaux de résolution des litiges et de procédures claires de récusation en cas de conflits d'intérêts. En l'absence de ces garde-fous, les organisations de bonne foi risquent d'être submergées par des risques systémiques qui peuvent saper leur gestion locale et mondiale de l'infrastructure internet.
En particulier, AFRINIC montre que les défaillances de la gouvernance interne peuvent être plus dommageables que les menaces extérieures. Des structures de surveillance et de responsabilisation rigoureuses sont nécessaires non seulement pour éviter le gaspillage des ressources financières, mais aussi pour préserver la légitimité publique des systèmes de gouvernance de l'internet qui touchent des millions d'utilisateurs à travers l'Afrique.

