Résumé
- Le chiffre d’affaires trimestriel d’AT&T atteint 31,6 milliards de dollars, en hausse de 2,3 % sur un an.
- L’opérateur a ajouté 367 000 accès fibre et 279 000 accès fixe sans fil, soit 646 000 ajouts internet résidentiels et professionnels.
- Les 432 000 lignes mobiles postpayées supplémentaires portent l’ensemble des ajouts de connectivité avancée au-delà du million.
- Le réseau fibre dessert potentiellement 38,6 millions de sites; il s’agit d’adresses raccordables, pas d’abonnés actifs.
- Les prévisions financières sont maintenues, tandis que le programme de rachats prévu en 2026 est accéléré à environ 10 milliards de dollars.
Le chiffre d’un million donne une image simple à une architecture qui ne l’est pas. Un foyer raccordé en fibre, un client internet servi par la 5G fixe et une ligne mobile postpayée ne sollicitent ni les mêmes actifs ni la même capacité. AT&T les rassemble sous la « connectivité avancée » parce que sa stratégie cherche précisément à les vendre ensemble.
Au deuxième trimestre, les deux voies d’accès à internet ont avancé presque de concert: 367 000 ajouts nets pour la fibre et 279 000 pour le fixe sans fil. Leur total de 646 000 précède les 432 000 ajouts mobiles postpayés. Le seuil du million est donc un agrégat de produits, pas une ruée uniforme vers la fibre.
La fibre crée une possibilité commerciale avant de créer un client
AT&T annonce 38,6 millions de sites résidentiels et professionnels désormais atteints par son réseau fibre. Plus d’un million de sites ont été ajoutés au périmètre au cours du trimestre. L’objectif reste de dépasser 40 millions fin 2026, puis 60 millions fin 2030.
Ce vocabulaire est essentiel. « Atteint » ou « raccordable » mesure la construction du réseau. Il ne mesure ni la souscription, ni le revenu moyen, ni la part de foyers qui quittent le câble. Une prise disponible devient un actif économique seulement si le client l’adopte à un prix et pour une durée suffisants.
Le fixe sans fil comble un autre intervalle. Il peut desservir rapidement une adresse avant l’arrivée de la fibre, conserver un client pendant l’arrêt du cuivre ou rendre viable une zone où le dernier raccordement physique coûte trop cher. Ses 279 000 ajouts ne signifient pas qu’AT&T remplace son ambition fibre par la radio.
La radio évite certains travaux, mais elle partage spectre et capacité avec les usages mobiles. La fibre mobilise davantage de capital initial, tout en offrant une capacité dédiée et une durée de vie potentiellement longue. Un même tableau d’ajouts ne permet pas de déduire des marges identiques.
La convergence se lit dans le foyer, pas seulement dans le réseau
Selon AT&T, 42,5 % des foyers utilisant ses nouveaux services internet résidentiels prennent aussi son offre mobile. C’est la promesse économique du modèle: acquérir une relation fixe et une relation mobile, puis réduire le coût commercial et le risque de départ du foyer.
Le trimestre ne publie pas la rentabilité de chaque combinaison. Il apporte cependant un indice: les revenus des services de connectivité avancée progressent de 5,1 % à 23,5 milliards de dollars, alors que le portefeuille hérité continue de diminuer avec l’extinction du cuivre.
Le taux de résiliation des lignes mobiles postpayées est de 0,86 %. Il complète les 432 000 ajouts nets, sans permettre de déduire le même taux pour chaque foyer convergent ou chaque service internet.
Le chiffre d’affaires consolidé de 31,6 milliards inclut l’effet de l’acquisition, au premier trimestre, des activités fibre grand public de Lumen. La hausse de 2,3 % ne doit donc pas être présentée comme entièrement organique. Le flux de trésorerie disponible atteint 4,7 milliards de dollars, contre 4,4 milliards un an plus tôt.
AT&T classe l’EBITDA ajusté de 12,3 milliards de dollars et le flux de trésorerie disponible parmi ses mesures non-GAAP. L’investissement en capital atteint 6,1 milliards au trimestre et la dette nette 126,4 milliards: ces deux montants limitent la part de la trésorerie qui peut être distribuée sans autre arbitrage.
Dix milliards représentent un programme, pas une dépense déjà faite
AT&T ne relève pas ses objectifs opérationnels. Le groupe maintient notamment au moins 18 milliards de dollars de trésorerie disponible en 2026 et 23 à 24 milliards d’investissements annuels jusqu’en 2028.
La nouveauté porte sur le calendrier du retour aux actionnaires. La direction prévoit désormais environ 10 milliards de dollars de rachats d’actions en 2026. Cette somme n’a pas encore été intégralement exécutée. Au deuxième trimestre, 4,1 milliards ont été restitués aux actionnaires, dont environ 2,2 milliards de rachats d’actions ordinaires.
La confiance affichée devra être confirmée par des indicateurs moins faciles à additionner: taux de conversion des adresses fibrées, consommation du fixe sans fil aux heures chargées, fidélité des foyers convergents et disparition effective des coûts du cuivre. AT&T dispose de trois moteurs de conquête. Le trimestre ne prouve pas qu’ils offrent le même rendement.

