Résumé

  • Le 2 juillet 2026, ARIN a déclaré avoir satisfait 307 demandes de sa liste d’attente IPv4 avec 199 blocs ; le fichier CSV officiel comporte bien 199 lignes à cette date, représentant 142 592 adresses.
  • ARIN précise elle-même que les blocs libérés ne correspondent pas directement aux tailles attribuées. Un reçu de découpage et de reliquat permettrait de rapprocher les deux comptes sans dévoiler les demandeurs.

Un inventaire public devrait pouvoir se refermer comme un livre de comptes. Il ne suffit pas que son total d’ouverture et son total d’opérations soient exacts : il faut encore pouvoir suivre le passage de l’un à l’autre. La distribution IPv4 d’ARIN du 2 juillet 2026 s’arrête juste avant ce rapprochement.

L’annonce donne deux chiffres nets : 199 blocs IPv4 ont servi à satisfaire 307 demandes. Le premier dénombre des préfixes remis à disposition ; le second dénombre des résultats dans une file régie par une politique. Ce ne sont ni la même unité ni deux colonnes que l’on peut aligner ligne par ligne.

ARIN le dit sans ambiguïté sur sa page des blocs libérés : les blocs affichés ne correspondent pas directement aux tailles distribuées aux bénéficiaires de la liste d’attente. Cette mise en garde empêche une mauvaise lecture, mais elle ne fournit pas la table qui permettrait une bonne lecture.

Ce que l’inventaire permet de vérifier

La copie figée du CSV contient exactement 199 préfixes datés du 2 juillet. Leur capacité cumulée atteint 142 592 adresses IPv4.

Taille des préfixes listés Nombre de blocs Nombre d’adresses
/17 1 32 768
/18 2 32 768
/19 1 8 192
/20 2 8 192
/21 2 4 096
/22 8 8 192
/23 6 3 072
/24 177 45 312
Total 199 142 592

Cette distribution des tailles explique pourquoi 199 n’est pas un plafond naturel pour le nombre de demandes. Un /17 peut être partagé en de nombreux préfixes plus petits. Un /23 peut donner deux /24. Un bloc peut aussi laisser un reliquat qui ne correspond à aucune demande admissible au moment du passage.

Une demande satisfaite n’est pas un bloc source

La section 4.1.8 du manuel de politique fixe une allocation maximale de /22 et permet à une organisation de choisir une taille plus petite jusqu’au /24. Une organisation ne peut avoir qu’une demande approuvée dans la liste. L’ordre dépend de la date d’approbation, mais l’exécution reste soumise à la taille des blocs disponibles. Une demande n’est pas satisfaite partiellement.

Le travail d’allocation consiste donc à faire correspondre des demandes entières à un stock de tailles hétérogènes. Soustraire 199 de 307 donne 108, mais 108 n’est pas le nombre démontré de découpages. Cette différence peut être produite par plusieurs partages d’un grand préfixe, par des tailles de sortie différentes et par des reliquats. Les sources publiques ne permettent pas de choisir entre ces scénarios.

De même, les 142 592 adresses ne sont pas un volume d’adresses effectivement attribuées. C’est la capacité des préfixes d’entrée affichés. Sans histogramme des /22, /23 et /24 de sortie, le volume distribué demeure inconnu.

Un rapprochement compatible avec la confidentialité

ARIN n’a pas besoin de rendre publics les noms, tickets, contacts ou plans d’adressage des demandeurs. Un reçu de distribution peut rester strictement technique : identifiant du passage, date et empreinte de l’inventaire source, tailles des préfixes attribués, total d’adresses remis, total conservé en reliquat, référence de découpage pour chaque bloc source et version de la règle de placement.

Les issues devraient aussi être nommées séparément. Une attribution, un refus d’offre et une sortie de liste à la suite d’un transfert ne décrivent pas la même opération, même si les règles peuvent les traiter comme des demandes closes. Un vocabulaire stable rendrait le total de 307 interprétable au lieu de l’élargir silencieusement.

Cette traçabilité servirait également aux opérateurs de listes de blocage. ARIN publie les blocs libérés afin qu’ils puissent retirer une réputation héritée de l’ancien titulaire. Lorsque le préfixe source est plus large que le préfixe réattribué, la granularité de la transition compte. Cela ne prouve pas qu’un bénéficiaire de juillet ait subi un problème de routage, de géolocalisation ou de courrier électronique ; cela montre seulement pourquoi l’objet réutilisé doit être identifié avec précision.

La prochaine distribution est annoncée autour du 1er octobre 2026. Cette date future n’est ni une échéance dépassée ni la preuve d’un retard. Elle fournit simplement un prochain point d’observation où l’inventaire, les sorties et leur pont pourraient être publiés ensemble.

Limite probatoire

Les documents établissent les deux totaux, la composition des 199 entrées, leur capacité CIDR, l’avertissement de non-correspondance et les règles applicables. Ils n’établissent ni l’identité des bénéficiaires, ni les tailles attribuées, ni le reliquat, ni l’ordre effectivement suivi, ni un préjudice. L’objet de cet article est une table publique manquante, pas une distribution déclarée fautive.

Sources