Résumé

  • BAKOM distingue l’arrêt national de la FM par SRG SSR au 31 décembre 2024 du calendrier individuel laissé aux diffuseurs privés locaux jusqu’à la fin de 2026.
  • La fiche du Bantiger réunit FM, DAB+ et plusieurs fonctions documentées, tandis que RIPEstat limite AS215254 à une identité de registre et à une visibilité de routage, non à une preuve de panne.

Le passage de la radio FM au DAB+ ne se résume pas à l’arrêt d’un ancien mode de diffusion et à l’activation d’un nouveau. Pour 2 Swisscom Broadcast Ltd, les éléments publics disponibles décrivent plutôt un relais opérationnel dont il faut suivre séparément le calendrier réglementaire, le rôle déclaré de l’opérateur, les fonctions du site de Bantiger et l’identité d’une ressource de numérotation Internet.

Swisscom Broadcast indique exploiter des réseaux DAB+ à l’échelle nationale pour SRG SSR, SwissMediaCast et Romandie Médias. Cette déclaration situe l’entreprise dans la chaîne de diffusion numérique terrestre, mais elle reste une présentation de l’opérateur. Elle ne constitue pas une mesure indépendante de la couverture, de la disponibilité, de l’audience ou de la qualité du service.

Le calendrier public confirme lui aussi que la transition n’est pas un basculement uniforme. BAKOM indique que SRG SSR a cessé la diffusion FM à l’échelle nationale le 31 décembre 2024. Les diffuseurs privés locaux peuvent en revanche choisir leur propre moment d’arrêt dans la dernière période de licence, au plus tard à la fin de 2026. Ces deux trajectoires doivent rester distinctes : elles ne permettent pas de fixer une date unique d’arrêt de la FM pour chaque diffuseur ni, en particulier, pour toutes les fonctions présentes au Bantiger.

La fiche du site de Bantiger, datée de février 2025, mentionne à la fois la diffusion radio FM et DAB+. Elle recense également des fonctions de téléphonie mobile, de faisceaux hertziens, de radiocommunication de sécurité publique, d’infrastructure partagée et d’Internet des objets à faible consommation. Cette coexistence rend la continuité plus concrète : une évolution de la diffusion radio s’inscrit dans un site qui remplit plusieurs rôles. La fiche ne dit toutefois rien des volumes de trafic actuels, des performances, de l’utilisation effective de chaque fonction ni de la propriété de tous les équipements utilisés en commun.

Une dernière couche concerne le registre et la visibilité du routage. Lors de la vérification, RIPEstat associait AS215254 au titulaire « SBC-NET-2 Swisscom Broadcast Ltd » et indiquait que ce numéro de système autonome n’était pas annoncé. Un système autonome est une identité utilisée dans le routage Internet. Cette observation décrit donc un état du registre et de la visibilité du routage au moment du contrôle. Elle ne montre pas que la diffusion FM ou DAB+ emprunte AS215254, et elle ne prouve ni l’indisponibilité du site de Bantiger ni une panne de service.

L’enjeu de continuité consiste ainsi à relier des faits compatibles sans les confondre. Le calendrier des diffuseurs, les fonctions du site, la responsabilité déclarée pour les réseaux DAB+ et l’identité enregistrée d’une ressource Internet répondent à des questions différentes. Une lecture solide vérifie chaque couche avec la preuve qui lui correspond, sans transformer leur rapprochement en promesse de continuité ou en constat d’incident.

Un relais opérationnel, pas un interrupteur unique

Pour un lecteur non spécialiste, l’expression « continuité opérationnelle » désigne ici la capacité à suivre ce qui doit rester observable pendant une transition : qui diffuse, selon quel calendrier, avec quelles fonctions identifiées sur un site et avec quelles identités techniques inscrites dans les registres pertinents. Les documents réunis permettent de construire ce suivi, mais pas d’affirmer que tout service est garanti ou qu’un incident s’est produit.

Le cas du Bantiger illustre précisément cette différence. La présence simultanée de la FM et du DAB+ dans la fiche du site, combinée aux calendriers distincts exposés par BAKOM, soutient l’analyse d’un passage progressif. Elle ne suffit pas à attribuer à 2 Swisscom Broadcast Ltd chaque décision de calendrier prise par les diffuseurs, ni à déterminer le moment exact où chaque fonction FM du site prend fin.